Hotline Miami, du sang sur les pixels
Une boîte de nuit pleine de vie. Au milieu, vous, un masque de poulet sur la tête, une batte de base-ball à la main. Un bain de sang sans nom. Bienvenue dans Hotline Miami.
Trip psychédélique et meurtrier dans un univers au style résolument rétro, Hotline Miami n’est pas un jeu indépendant à mettre entre toutes les mains : son esthétique barrée, son gameplay pointu et sa bande son électro changeront en effet le plus pacifique des joueurs en une machine à tuer, le temps d’une campagne solo haletante. Explications.
L’Homme-poulet a encore frappé !
Dans Hotline Miami, le joueur incarne Jacket, un personnage anonyme et mystérieux qui reçoit de drôles d’appels l’invitant à se rendre dans des lieux aussi différents qu’un restaurant ou une boîte de nuit… pour y éliminer tout être vivant. Ni une ni deux, il enfile son masque de poulet, démarre sa voiture qui me rappelle étrangement la DeLorean de Retour vers le futur, et part pour la boucherie.
L’histoire, laissée volontairement floue, contée à travers quelques minces scènes de dialogues, ne sera pas vraiment du goût de tous. Mais elle a au moins le mérite de permettre une interprétation personnelle plus ou moins libre et de proposer un dénouement surprenant.
Qui peuvent bien être ces individus masqués questionnant notre “héros” ?
Un gameplay du tonnerre
Le jeu est en vue du dessus et vous invite à nettoyer sa vingtaine de niveaux avec un arsenal conséquent : de vos simples poings au sacro-saint fusil à pompe en passant par la classique batte de base-ball, vous avez le choix des armes.
La prise en main est quasi-directe : 4 touches pour vous déplacer, la souris bouge le viseur, le clic droit sert à taper/tirer, le gauche à lancer votre arme. Il est cependant loin d’être simpliste car il tient compte de plusieurs subtilités. Par exemple, le bruit d’une arme à feu attirera vite toute la maison et provoquera une mort quasi certaine sous un flot incessant de voyous enragés.
Au fil du temps, des ajouts comme de nouveaux ennemis ou des vitres permettant aux gardes de vous voir et de vous tirer dessus empêchent le jeu de sombrer dans la monotonie. Pour compléter cette diversité, on nous propose également un système de scores fondé sur la rapidité d’exécution et la diversité des “outils” employés, avec de nouvelles armes à la clé.
Mais la véritable originalité réside dans l’usage des masques de notre psychopathe favori. Il faut en effet en choisir un à équiper avant chaque essai, ce qui nous donnera une capacité particulière. On va de la simple différence graphique au changement radical de gameplay, avec des pouvoirs permettant par exemple de tuer les ennemis en leur claquant la porte au nez, ou de plonger toutes les salles dans le noir total.
Chaque situation peut donc être abordée de nombreuses manières différentes, ce qui assure une rejouabilité correcte qui pallie la faible durée de vie initiale (environ 4 ou 5 heures en ligne droite).
Maman c’est dur…
Hotline Miami appartient à la catégorie des jeux durs, voire très durs. Une partie typique se déroule de la manière suivante :
- J’étudie 2 secondes la carte pour essayer de repérer les ennemis
- Je passe la première porte
- Je vois un type à l’air peu amical.
- PAN
- Restart ?
Le message le plus fréquent du jeu
C’est au prix de nombreux essais que, petit à petit, les réflexes vont se créer. Les vies sont illimitées et il n’y a aucun temps de chargement, bref tout est fait pour vous encourager à recommencer encore et encore. Et c’est la le véritable plaisir du jeu : à force d’enchaîner les morts, le joueur entre dans une sorte d’Etat de transe, faisant abstraction de tout pour se concentrer uniquement sur sa frénésie assassine. On laisse l’excellente bande son pénétrer au plus profond de notre crâne, et on se surprend à calquer ses coups de poing sur le rythme de ses gros beats qui tâchent (avec des musiques comme ça ou encore comme ça, ou ça pour les moments plus calmes.)
…Mais c’est booon !
Quand enfin on a réalisé l’enchaînement parfait, décimé en quelques secondes une dizaine de bouseux surarmés dans un incessant combo, et qu’on regarde paisiblement le compteur afficher notre score, on se sent, l’espace d’un instant, le maître absolu…
- Avant
- Pendant
- Après
Puis la note tombe : C+, peut mieux faire…
Plus qu’à recommencer !
Verdict
Sorti fin 2012 sur PC puis en juin 2013 sur PS3 et ps Vita, Hotline Miami est l’archétype du projet indé réussi : un parti pris graphique fort (inspiré entre autres du film Drive), un gameplay hyper nerveux et une ambiance électrisante sont réunis pour créer un des meilleurs défouloirs qu’il m’ait été donné de tester. À vos battes !