Voyage au pays de la DSI

Pourquoi avons-nous obtenu nos résultats du premier semestre en retard ? La DSI n’avait donc rien prévu ? Et puis d’abord, qui c’est la DSI ? Que font-ils au juste ? Tant de questions que bien des sciences-pistes se sont posé. Alors un beau matin de mars, je me suis levé et je me suis dit : et si j’allais à leur rencontre ? Votre dévoué serviteur vous rend compte de son voyage au pays de la DSI.J’ai rencontré Stéphane Auzanneau, qui est à la tête de la Direction des Systèmes d’Information (DSI) de Sciences Po. Ce fut un entretien très instructif sur un pôle qu’on connaît trop peu !

Les bureaux secrets de la DSI

La DSI. La Direction des Systèmes d’Information. De nombreux étudiants en ont entendu parler, personne ne la connaît vraiment. Tenez, pour commencer, personne ne sait où la trouver. Et pour cause, vous ne la trouverez dans aucun bâtiment où sont donnés des cours. On m’avait dit, pour mon arrivée au pays de la DSI, de me rendre au 10, rue de la Chaise. J’étais au départ un peu interloqué. Je connaissais le bâtiment du 9, mais je n’avais jamais entendu parler du 10, qui est juste en face. Y aurait-il des bâtiments secrets à Sciences Po ?

Entrée dans l’immeuble. Non, c’est certain, ce n’est pas un bâtiment comme les autres. Une cour assez verte, et à l’intérieur, pas de salles de classe, mais de nombreux bureaux. C’est au premier étage que je me rends, pour rencontrer Myriam Dubois-Monkachi, la co-directrice de la scolarité, et Stéphane Auzanneau, à la tête de la DSI.

Je découvre assez vite pourquoi ils disposent d’un bâtiment isolé. M. Auzanneau m’explique que la DSI est constituée d’une bonne quarantaine de personnes, réparties en quatre pôles. À vrai dire, il y a tellement de monde que certains sont au 28, rue des Saints-Pères : c’est le cas des salariés qu’on trouve derrière le Helpdesk, la hotline informatique que tout le monde peut utiliser à Sciences Po.

 

Mais à quoi servent-ils ?

La DSI, c’est en fait un service assez récent, né en 2001. Elle date de l’entrée en vigueur de la réforme LMD à Sciences Po. Il a fallu très vite revoir l’organisation du premier cycle à Sciences Po, et au niveau informatique, cela impliquait de nombreux changements : une organisation semestrielle, l’introduction des crédits ECTS, des relevés de notes très différents, une scolarité plus modulable. De manière générale, les processus ont été optimisés, on s’est enfin demandé « est-ce qu’il est bien pratique de faire remplir tant de dossiers papier ? ». Un exemple ? Les dossiers pour la troisième année à l’étranger. Le passage au numérique date d’il y a 5 ans seulement. Les eCours ? C’est tout aussi récent. Il reste encore beaucoup à faire, la DSI le sait et y travaille chaque jour.

Il faut dire qu’elle se charge de nombreux processus dont nous n’avons pas toujours conscience. Le pôle étude et développement, par exemple, se charge autant de développer et maintenir les 200 sites Internet de Sciences Po (!). Ce qui n’est pas une tâche aisée, compte tenu de la charte graphique qu’il doit respecter sur chaque site. Il s’agit aussi de rendre les interfaces de Sciences Po ergonomiques et accessibles à tous. Créer un site c’est bien, le rendre accessible aux non-voyants, c’est mieux. Cela implique notamment de structurer rigoureusement toutes les pages, d’adapter les couleurs et de définir des textes alternatifs pour toutes les images. Et du fait de son statut de grand établissement, Sciences Po doit régulièrement faire évaluer ses sites qui doivent se conformer à des normes publiques d’accessibilité.

C’est aussi la DSI qui fournit un service technique au MediaLab de Sciences Po, qui utilise les nouvelles technologies dans les sciences sociales. La cartographie des controverses que certains étudiants connaissent bien fait partie des projets du labo.

Le dernier grand projet en date de la DSI ? L’accès en ligne aux évaluations des professeurs. Non pas les relevés de notes, mais bien les appréciations qu’ils remplissent à la fin de chaque semestre. Vous ne saviez pas qu’elles existaient ? On peut pourtant les demander au secrétariat de la scolarité. Et elles seront bientôt dans votre espace scolarité !

 

“150 connexions simultanées…”

Parlons justement de ces relevés… Que s’est-il donc passé, en ce funeste mercredi 20 février 2013 ? Pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps ? On a entendu beaucoup de rumeurs. Par exemple que le service de génération des résultats ne prenait en charge que 150 requêtes simultanément, ce qui a souvent été interprété comme « 150 résultats en même temps ». Plus d’un s’est alors fort légitimement demandé comment on pouvait concevoir un système aussi limité, et beaucoup se sont moqués. C’est en fait plus compliqué.
Le serveur reçoit 150 requêtes simultanément, c’est exact. Mais cela ne signifie pas que 150 étudiants seulement peuvent voir leurs résultats en même temps ! Quand vous cliquez sur le lien pour les obtenir, le serveur vous prend en charge avec 149 personnes. La seconde d’après, il en prend déjà 150 autres ! Ce n’est pas là le problème.
Non, le vrai problème se situe dans la requête d’accès à la base de données. Comme beaucoup l’ont fait remarquer, les inscriptions pédagogiques concentrent aussi beaucoup de requêtes sur une courte période de temps. La différence, c’est que lors des IP, le serveur n’a pas besoin de chercher beaucoup d’informations. Il vérifie si l’étudiant peut s’inscrire à un cours, et c’est tout. En revanche, dans le cas des résultats, le serveur doit trouver de nombreuses informations dans la base de données et effectuer des calculs plus importants : le nombre d’heures, les crédits ECTS, le rang notamment. C’est cette requête lourde qui doit être optimisée, et la DSI l’a bien noté.

Elle n’avait pas su modéliser tous les comportements, et n’avait pas prévu une telle charge. Il faut dire qu’elle est inhabituelle. Le retard de publication a entraîné les étudiants à se connecter massivement au même moment. Le fait est que le processus entier de saisie des notes est lourd. Les copies doivent faire de nombreux aller-retours, notamment depuis les campus de province, et mobilisent tous les professeurs et les secrétariats.

Le plus difficile lors de la publication des notes fut de gérer la frustration sur les réseaux sociaux. Dans un premier temps, la rumeur des 150 connexions a conduit la DSI à un mauvais diagnostic du problème. La nuit du 20 au 21 février fut courte !

 

On souhaite donc bien du courage à la DSI dans la poursuite de ses nombreux projets. Selon Stéphane Auzanneau, l’impact du numérique sur l’éducation est très récent, il date d’il y a à peine 20 ans. Et on commence à peine à intégrer des avancées que d’autres domaines utilisent depuis bien plus longtemps. Le numérique est en marche, il suffit d’être patient !