Star Wars Episode I: La Menace Fantôme (3D). La critique.

Sorti en France en 1999, puis en VHS, puis en DVD, puis converti en Blu-ray l’an dernier, l’épisode qui marque le début de la saga la plus célèbre de tous les temps ressort aujourd’hui en 3D. Impressions.Sorti en 1999 et attendu comme le messie par des générations de fans, des plus vieux aux tous petits récemment initiés, je me rappelle encore de la fois où j’ai vu La Menace Fantôme la première fois au cinéma.

Pour le spectateur lambda qui ne connaîtrait pas le phénomène Star Wars, cet épisode est le premier d’une *préquelle à la saga originale. Les premiers épisodes à être sortis deviennent en 1999 les épisodes 4/5 et 6. La Menace Fantôme inaugure une nouvelle trilogie dans l’univers de Star Wars qui s’achèvera en 2005 avec l’épisode 3: La Revanche des Siths .

Il ne faut pas mélanger toutes les critiques du film… Il en existait de deux sortes jusqu’à présent, trois désormais. On peut aborder la Menace Fantôme sous trois aspects, qui soulèvent trois problématiques différentes.

-* Le premier et le plus important: un film qui se suffit à lui même et qui nous permet de prendre pied dans un univers unique en tant que néophyte. La Menace Fantôme est-elle un bon film ?
-* Le second: L’introduction à la plus grande saga de tous les temps qui doit justifier d’appartenir à la saga Star Wars. Cet épisode mérite-t-il de s’appeler Star Wars ?
-* Le dernier aspect de la critique: La 3D et la haute définition font de ce film un étendard de la technologie cinématographique moderne. La 3D justifie-t-elle qu’on (re)voie le film ?

La Menace Fantôme est-elle un bon film?

Commençons par considérer la Menace Fantôme comme un film traditionnel. Pour rester objectif, on considère que l’on a jamais vu un épisode de Star Wars, et que c’est véritablement une nouvelle licence que l’on découvre en ce début 2012.

A partir de là, que penser de ce film? C’est un bon film dans l’ensemble. On y trouve des acteurs efficaces, Liam Neeson y incarne un Qui-Gon Jinn qui se détache de l’ensemble, un véritable maître qui fait comprendre au spectateur dès les premières secondes du film que l’ordre des Jedis oeuvre pour le bien. Et jake Lloyd dépeint un Anakin Skywalker de 9 ans très crédible. Natalie Portman est un peu jeune pour tenir droit dans les bottes d’une reine élue mais tient bien son rôle de personnage féminin secondaire et apporte de la profondeur au film.

Deux déceptions dans le casting, Ewan McGregor (Obi-Wan Kenobi) qui ne semble pas vraiment prendre son rôle au sérieux ou qui se fait éclipser par la puissance de l’interprétation de Liam Neeson. Et Ray Park qui nous donne à voir un méchant tout droit sorti d’un paquet de céréale, Dark Maul. Qui avec tout son maquillage et ses acrobaties ne convainc pas. Qu’on ne se le cache pas, ce film est orienté vers le nouveau public et se targue de ventes de produits dérivés pharamineuses. Vous trouverez tout! de la Boomas miniature, au pistolet ascensionnel (qui apparaît trente seconde dans le film) aux maquettes, figurines et autres lego ! Donc ce film est bon, l’intrigue est assez simpliste mais justifie les déplacements des personnages et les scènes d’actions sont convaincantes malgré des effets spéciaux qui ont maintenant 10 ans. *Mention spéciale à la musique qui en plus de reprendre les très bons thèmes de John Williams, innove avec des coeurs époustouflant et un Duel of the Fates tout simplement épique.

Cet épisode mérite-t-il de s’appeler Star Wars?

Si l’on sait que ce film mérite d’être vu et que les plus jeunes d’entre nous risquent d’en garder les plus beaux souvenirs. Mais cet épisode peut-il véritablement se targuer d’avoir comblé les attentes des fans de la saga en leur proposant le premier épisode qu’ils attendaient ? La réponse est définitivement non.

La Menace Fantôme s’intègre difficilement à l’ambiance de la saga Star Wars telle qu’on la connaissait. La profondeur dramatique si caractéristique à la saga n’est pas présente ce qui nous empêche de prendre véritablement au sérieux cet épisode car même si dans les premiers épisodes, le décor est en carton pâte, le jeu des acteurs ou des marionnettes est rendu crédible par des rôles qui sont pris aux sérieux et qui parviennent à se dégager du cliché qu’ils véhiculent. Pas cet épisode. ici le méchant a le sabre rouge et le gentil le sabre bleu et c’est tout alors que les épisodes précédents proposaient plus de maturité.

Un seul exemple frappant qui mène cet épisode à la limite du ridicule: La civilisation Gungan. Dont le plus pitoyable des représentants tient dans le film un rôle démesuré, j’ai nommé: *Jar jar Binks. Même les personnages ne peuvent le prendre au sérieux. C’est donc un clown qui a été rajouté au film et chacune de ces tirades fait terriblement tomber l’ambiance de la scène. De plus toute la civilisation qui a été créée autour de ce personnage est grotesque et pesante. La moins bonne scène du film étant peut être celle de la cité sous-marine ex-aequo avec celle du temple Gungan. Même la bataille terrestre qui s’annonçait épique entre l’armée Gungan et l’armée droïde est rendue pitoyable par les innombrables gaffes de Jar Jar qui décrédibilise par là toute sa communauté, qui au même moment se bat vaillamment dans un combat qui s’annonce perdu. Toute la tribu est susceptible de se faire écraser par leur infériorité technologique et la scène est lamentablement tournée en dérision…

Lucas ne se trompera pas deux fois sur ce personnage et réduira dans l’épisode 3 ses dialogues à un simple “Excusez-moi”. Car non seulement toute la communauté de fan lui est tombée dessus, mais ce personnage dessert véritablement le film et toute la critique est unanime à ce sujet. C’est cette absolue volonté de plaire aux plus petits qui est une des raisons pour laquelle ce film sonne “creux”.

L’autre raison de l’échec de cet épisode à se placer à l’origine de la saga, c’est que les prémisses de la réflexion ne sont pas respectés. Pour se dégager de ce vocabulaire, on peut dire que Lucas ne respecte pas les contraintes qu’il s’était fixé ou qui lui étaient fixées. *L’aspect révolutionnaire de la première saga tient dans son aspect vieilli. Tout les objets et véhicules de l’épisode 4 sont usés, cassés et déformés par leur usage du quotidien, pas de vaisseaux rutilants ou autres puisqu’ils sont censés servir tous les jours…

Par son parti pris de placer l’action dans les arcanes du pouvoir et les intrigues politiques au sommet, Lucas abandonne à notre grand regret ce qui sortait sa saga de la simple science fiction. Peut être que cet aspect vieilli lui a été imposé par son manque de budget de l’époque et qu’il s’est senti pousser des ailes. Par conséquent, les vaisseaux ne sont plus crédibles à l’image du vaisseau Naboo en acier trempé ou les chasseurs Naboo qui n’ont pas le même charisme que les X-Wing qui avaient été dessinés par un ancien de chez Boeing. Voir le conseil des Jedis aseptisé ou le sénat intergalactique froid au possible fait tomber cet épisode dans les pires travers de la science fiction, la fantaisie. Alors que Lucas avait été un des premiers dans ce domaine à réussir à éviter cet écueil. Seuls les plus grands fidèles de la saga voudront bien accorder le bénéfice du doute à cet épisode et lui laisser son numéro I.

La 3D justifie-t-elle qu’on (re)voie le film?

Parlons maintenant de l’aspect le plus réussi du film, ce que personne ne pourra lui contester et qui peut même expliquer certains défauts du film par sa prépondérance. *La technique. La technologie qui date de 1999 n’a pas pris une ride. Star Wars Episode 1 est résolument le film qui a fait de l’écran vert la norme des films de science fiction. C’est peut être son point fort comme son plus gros point faible. Même si aujourd’hui les décors sont plus élaborés, fondamentalement, ils restent les mêmes. Et bien que les décors de la bataille entre Gungans et droïdes ressemblent au fond d’écran classique de Windows XP, on reste bluffé par la qualité de l’information.

Points noir de la technologie pour cet épisode: la redondance de personnages faits par ordinateur et sans existence physique. Certains sont convaincants comme Wattoo ou Sebulba, d’autres sont plus contestables à l’image de Yoda dont la modélisation n’est pas encore tout à fait satisfaisante dans cette version et qui perd beaucoup de son charisme face à sa marionnette. Le dernier exemple a été abordé plus haut et on ne s’étendra pas plus dessus, c’est la trop lourde mise en avant des Gungans et de Jar Jar.

Néanmoins, la course de Podracers reste tout simplement époustouflante et laisse de nombreux souvenirs, tout particulièrement dans le bruitage de ces bolides et les différentes variétés de races extra-terrestres. Mais que donne-t-elle en 3D ?

C’est le principal atout de cette refonte. Et dès le début du film, on sent la différence. La fanfare de la Twentieth Century Fox résonne une fois de plus à nos oreilles et dès l’affichage du logo de LucasArts, il se détache littéralement de l’écran. Un des effets les plus spectaculaires étant celui ajouté au déroulant jaune sur fond étoilé du générique de début. Au lieu de venir du bas de l’écran et de monter, le bandeau part littéralement du spectateur pour rentrer dans l’écran. Tout au long du film, la 3D sait se faire discrète et son ajout n’est pas négligeable. De l’aveu des développeurs,* il ne s’agit pas de montrer que le film est en 3D mais de véritablement l’utiliser pour servir le propos. Ce que la franchise Star Wars a toujours réussi à maîtriser, utilisant la technologie pour créer la magie. C’est la raison pour laquelle on a pas mal à la tête au bout des 2H du film, ce qui n’est pas le cas de tous les films où l’effet 3D n’est pas toujours maîtrisé.

Les nouveaux plans dans la course de podracers qui nous placent derrière le pilote sont encore plus immergeants qu’avant. On a véritablement l’impression d’être dans le désert et de voir la poussière se soulever au passage des bolides. Dernier point où l’apport de la 3D est notable, la bataille de sabre lasers finale, où les faisceaux d’énergies rouges nous permettent de voir véritablement au travers et d’en distinguer les couches.

Alors à voir ou à ne pas voir ?

*Si vous n’avez jamais vu Star Wars alors ne perdez pas une minute, vous avez près de 30 ans de retard ! Saisissez cette opportunité de voir un épisode de la saga par an en 3D pendant 6 ans et de découvrir ce chef-d’oeuvre cinématographique.

Pour les autres, tout dépend de votre niveau d’appréciation du film et de votre souvenir de celui-ci. je vous conseille de toute manière d’aller le voir. Les fans seront contents d’en décrypter toutes les modifications apportées par la 3D, les autres passeront un bon moment chargé d’adrénaline et de courage lors de la course de pods ou de la bataille finale.

Toutefois, cet épisode n’est définitivement pas le plus attendu concernant l’apport de la 3D : l’épisode III et plus encore l’épisode préféré des fans, l’épisode V, risquent d’être tout simplement fantastiques en 3D. Cet épisode m’a donc permis de vivre un bon moment, de raviver ma nostalgie de voir un renouveau de la saga et m’a ramené à ma déception d’avoir manqué le véritable phénomène provoqué par la première saga. Mais cet amuse-gueule me rappelle quand même que pour la première fois de ma vie, dans quelques années, je pourrai enfin voir les épisodes originaux au cinéma, sur écran IMAX et en 3D, et pour ça, je suis prêt à payer le prix fort (et en plus je ne suis pas le seul). 30 ans après la magie Star Wars continue à faire effet et ses fans cherchent toujours à retrouver l’euphorie des premiers épisodes.

C’était mieux avant ? Non, ce sera encore meilleur demain !

** Pour finir, la bande annonce du film.


  1. Votre nom dit :

    j’ai lu votre article, au travers du blog “filmculte”, et je trouve qu’en plus d’être bien écrit, il résume toute la richesse comme la dualité de ce film, c’est à dire le bon et le moins bon. Jar Jar agace tout le monde, mais j’apprécie tout de même la version CG de Yoda, elle est bien meilleure que la marionnette d’origine qui louchait ! maintenant ce film, quoi qu’on en dise, est un vrai plaisir pour les yeux et est nécéssaire pour installer les bases de la narration de la prélogie.
    j’en profite pour faire ma com : j’ai nouvellement créé un blog, canal516.eklablog.com, qui parle de films, de jeux, d’un peu de tout de geek quoi. alors voilà je vous invite à consulter …

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