Retour sur Assassin’s Creed : Revelations

Sorti sur PC le 1er Décembre 2011, Assassin’s Creed : Revelations est le quatrième volet de la série à succès d’Ubisoft. Trois mois après la sortie du jeu, l’ayant terminé plusieurs fois, il était temps d’élaborer le test de ce jeu d’aventurer tant attendu !Cependant, avant d’entrer dans le test du jeu à proprement parler, je pense qu’il convient de parler un peu de la franchise et de l’univers du jeu, en guise d’introduction, pour ceux qui ne les connaitraient pas. En effet, depuis la sortie d’Assassin’s Creed en 2007 sur consoles (le jeu est disponible sur PS3 et XBox 360), les jeux ont connu un véritable succès (mérité qui plus est !) et, fait distinctif pour un jeu, une véritable mythologie s’est développée autour du jeu. En effet, vous pouvez dès à présent acquérir une encyclopédie de l’univers d’AC ou acheter des statues des personnages principaux…

Revenons donc brièvement sur l’ensemble de la série.

Retour sur la tétralogie Assassin’s Creed

Chaque épisode d’Assassin’s Creed met en scène deux histoires parallèles : le joueur incarne de prime abord Desmond Miles, barman à New York, qui, dans chaque épisode, passe le plus clair de son temps allongé sur une machine étrange, l’Animus, qui lui permet de revivre les souvenirs de ses ancêtres. Dans le premier opus, Desmond revit les souvenirs d’Altair ibn-La’Ahad, un moine membre de la confrérie des Hashashiyyin, ou Assassins. Ceux-ci sont en guerre contre les Templiers depuis plusieurs générations : en effet, si les Assassins et les Templiers ont le même but, à savoir amener la paix dans le monde, les Templiers comptent le faire en réprimant toute liberté et en imposant un seul mode de pensée universel. Les Assassins, eux, croient que rien n’est vrai, tout est permis (nothing is true, everything is permitted), et qu’ainsi, chacun a le droit à son libre-arbitre : la paix doit être voulue et non pas maintenue. C’est pourquoi ils se battent contre les Templiers, acceptant le recours à l’assassinat si nécessaire – mais sans jamais faire de dommages collatéraux. Vous perdrez ainsi si vous tuez des civils : Assassin’s Creed n’est pas un GTA.

Dans le deuxième opus, le joueur découvre Ezio Auditore, un noble florentin de 17 ans. Habituez-vous à lui, vous allez le suivre durant encore deux épisodes : en effet, Assassin’s Creed II, Assassin’s Creed : Brotherhood et Assassin’s Creed : Revelations suivent tous l’histoire d’Ezio. Dans le premier épisode, Desmond accédait aux souvenirs de ses ancêtres prisonnier d’Abstergo, la version moderne des Templiers. Il se découvre Assassin et les rejoint pour les aider dans leur combat. En effet, ses ancêtres sont entrés en contact avec plusieurs artefacts très puissants, vestiges d’une civilisation antique très évoluée : les souvenirs de ses ancêtres permettraient de les retrouver. Il y a donc une certaine dose de fantastique dans les AC : il ne faut pas être surpris de voir débarquer de la magie ou des dieux romains antiques. Je vais ici donner mon avis (mais je le reprendrai plus tard quand je parlerai spécifiquement d’ACR) : j’ai trouvé cette intrusion d’éléments fantastiques trop farfelue et totalement superflue. Le jeu aurait, de mon point de vue, eu encore plus de crédibilité sans ces éléments qui n’ont suscité chez moi comme réaction qu’un gros “WTF ???” What the f**k ?

Le joueur va donc incarner tour à tour Desmond dans de courtes scènes se déroulant à notre époque, et Altaïr ou Ezio dans l’Animus. Ce sont ces scènes de l’Animus qui sont bien évidemment les plus intéressantes, les plus longues, et les plus amusantes. Vous serez plongés dans les villes en question du passé, et cela vaut vraiment le coup. En effet, s’il y a quelque chose à retenir des Assassin’s Creed, c’est qu’ils sont extrêmement réalistes et extrêmement beaux. Si vous avez toujours rêvé d’escalader le Colisée, voilà l’occasion rêvée de le faire (AC : Brotherhood).

J’espère que ce petit éclairage sur la série en général vous a plu et vous a donné envie de tester le jeu, qui vaut le détour rien que pour les yeux !

Assassin’s Creed : Revelations : des nouveautés et qualités notables

Assassin’s Creed Revelations commence sur les chapeaux de roue : je ne vais pas spoiler l’histoire, mais pour une raison X Desmond se retrouve coincé dans l’Animus, et le seul moyen pour lui de revenir dans son corps est… de suivre l’Animus et d’aller revivre les souvenirs de son ancêtre Ezio, qui a vieilli et a désormais… la cinquantaine ! Ayant joué aux deux opus précédents, j’ai vraiment beaucoup apprécié d’avoir une véritable évolution du personnage : d’un jeune étalon impulsif en quête de vengeance, Ezio est devenu un érudit et un vénérable maitre Assassin, auquel on s’adresse en disant “Mentor”. Cependant, rassurez-vous, Ezio a beau avoir 50 ans ou plus, il est bien plus en forme que vous ne le serez jamais et continue à grimper des édifices hauts de plusieurs centaines de mètres et à sauter d’en haut sans broncher

(la qualité de l’image est du à une mauvaise capture et ne reflète pas la qualité graphique du jeu).

**Exploration et conquête

Et c’est là l’une des plus grandes qualités du jeu : vous êtes totalement libres d’explorer la ville à votre guise. Il existe un certain nombre de quêtes annexes que vous pouvez réaliser avant de reprendre les quêtes principales, libre à vous de vous organiser comme vous le désirez ! Et il faut l’avouer, c’est un véritable plaisir que de se balader sur les toits de la splendide Hagia Sophia ! Encore une fois, les graphismes sont vraiment très très bons (avis aux amateurs de consoles, sur une PS 3 reliée à écran Full HD, ça doit cartonner !) et on peut passer des heures sur le jeu juste à contempler les reflets de lumière sur l’eau.

Comme dans les deux opus précédents, outre les quêtes annexes, vous aurez aussi pour mission de reconquérir la ville sous l’emprise des Templiers byzantins : pour ce faire, vous devrez procéder à de nombreuses infiltrations pour tuer des capitaines templiers et ainsi libérer des quartiers, que vous pourrez ensuite acheter petit à petit, ce qui vous permettra d’obtenir des réductions chez les marchands… Et oui, il y a de l’économie dans Assassin’s Creed ! Il y a en effet comme dans tous les jeux de ce type de nombreux marchands qui vous proposeront du meilleur matériel, ou alors des objets totalement inutiles qui ne servent qu’à remplir le jeu à 100% (oui, vous avez bien lu). Le choix, en début de jeu du moins, est vite fait ! Vous pouvez donc acheter les étalages, ce qui vous vaudra, à terme, des discounts appréciables, et vous permettra même d’investir chez les commerçants… à perte ou à profit !

** Les grandes nouveautés

Revenons-en cependant à nos capitaines templiers : l’une des nouveautés du jeu est que, une fois le quartier reconquis, vous n’êtes plus tranquille ! En effet, les Templiers peuvent désormais lancer à tout moment une contre-attaque pour le reconquérir ! Quand vous êtes en pleine mission, c’est pas très pratique… La défense des quartiers se fait via un mini-jeu qui casse avec le gameplay traditionnel et ouvre les portes d’Assassin’s Creed à de nombreuses autres possibilités : cela se joue en effet en mode “Tower Defense“. Vous ne participez pas au combat et devez placer des unités sur les toits et dans les rues pour repousser les différentes vagues adverses. Assez sympathique et pas forcément évident. Un vrai plus du jeu.

Autre “meta-game” (jeu dans le jeu), la “Conquête de la Mediterranée” permet de faire exercer le talent de ses apprentis à distance, et permet une variation supplémentaire de style de jeu.

Parmi les autres nouveautés, la “hook-blade” (lame-crochet en français je crois) permet quelques acrobaties supplémentaires : l’utilisation de tyroliennes assez sympathiques (sauf que pour remonter c’est long ^^) ou encore la possibilité de faire un super saut ultra acrobatique par dessus un adversaire pour s’enfuir.
Démonstration.
Enfin, la dernière grande nouveauté est l’ajout d’une nouvelle arme : les bombes ! Il existe une trentaine d’ingrédients différents, vous devez en choisir 3 pour former votre bombe : il y a ainsi plusieurs dizaines de bombes différentes, pour encore plus d’efficacité et d’effets. Je n’ai personnellement pas énormément accroché à ce système, et j’ai préféré utiliser les plus classiques épées et autres lames cachées et arbalètes, mais il y a des moments où les bombes s’avèrent indispensables.

**L’achèvement de la saga d’Ezio

Cependant, s’en est tout des nouveautés. On s’aperçoit avec ACR qu’Ubisoft a vraiment exploité au maximum Ezio et son époque et qu’il était temps qu’on en finisse avec eux, aussi attachants soient-ils. Assassin’s Creed Revelations est donc bien le dernier épisode de la saga à mettre en scène Ezio. Les rumeurs courent que le prochain jeu sera situé en Chine au XVIIIème et que l’ancêtre de Desmond sera… unE ancêtre ! Mais revenons-en à nos oignons : ne jouez pas à ACR si vous venez de Brotherhood et que vous vous attendez à un changement radical, vous serez déçus. Au contraire, ACR s’inscrit bien dans la continuité d’ACB, et tente seulement de corriger les éventuels défauts d’ACB (s’il y en avait ?) et d’implémenter quelques nouveautés. On pourrait reprocher, à juste titre, à Ubisoft de rester sur ses acquis. Pas grave, le jeu est bon ! On peut cependant regretter, par rapport à ACB par exemple, qu’il n’y ait plus de chevaux : cela est du au fait qu’on reste cantonné à la ville, et voilà un sacré défaut pour un Assassin’s Creed. C’est en effet le premier opus de la saga à ne pas permettre une vraie sortie de la ville. Ainsi même le nouveau méta-game (jeu à l’intérieur du jeu) de “Conquête de la Méditerranée ne vous permet pas de vous déplacer : ainsi, vous conquerrez la Méditerranée confortablement installés dans votre fauteuil à Istanbul, dirigeant juste les opérations de vos apprentis assassins sur place.

Des défauts notables : durée de vie, un Altaïr décevant, mode multijoueur…

**Un jeu trop court

Le jeu n’est cependant pas parfait ! Tout d’abord, la durée de vie est, surtout comparée aux épisodes précédents, assez courte pour un gamer de niveau moyen. Je parle là de finir la quête principale ET toutes les quêtes secondaires, sans cependant avoir ramassé tous les petits morceaux d’Animus et avoir acheté les grands bâtiments de Constantinople – là il vous faudra plus de temps mais ce sera du temps passé à courir sur les toits – si ça vous enchante tant mieux pour vous ! Moi j’avoue m’être ennuyé sur la fin, ce qui est un comble pour un jeu vidéo !

**Jouer Altaïr et Desmond : des scènes décevantes

Par ailleurs, j’ai été considérablement déçu des passages où l’on pouvait jouer Altaïr. En effet, Ezio, sur la trace de son ancêtre, découvre des fragments de ses souvenirs et peut revivre des moments de la vie du grand maître Assassin. Ubisoft avait fait la dose de communication là-dessus, puisque le trailer de présentation du jeu au salon du jeu vidéo de l’E3 était basé là-dessus.

Ces passages m’ont donc vraiment déçu : je ne spoilerai pas ce qu’il s’y passe, mais ayant joué au 1 on se demande vraiment où Ubisoft a eu la tête. Ils sont démesurément courts et ne tiennent pas leurs promesses. Certains sont même presque ennuyeux ! Moi qui me faisais une joie de le rejouer, je suis vite retourné sur le premier jeu ! Gros carton rouge donc pour ces épisodes d’Altaïr.

Autre mauvais point : l’histoire au niveau “desmondien” est toujours autant sans queue ni tête. Donc, après l’arrivée de Dieux grecs dans l’intrigue, qui ont
spoiler

forcé Desmond à tuer la chère Lucy, l’assassine qui l’a sauvé des griffes d’Abstergo,

(si vous ne lisez pas le spoiler, comprendre “fait des choses pas top”), Desmond est maintenant coincé dans l’Animus, d’où on peut aussi accéder à des scènes jouables à la première personne assez spéciales dans lesquelles Desmond nous raconte sa passionnante vie. Ces scènes consistent à se balader dans des couloirs et des décors vides (juste des murs) et à surmonter des puzzles composés de blocs qui bougent. On se demande ce qui passe par la tête des développeurs. Et puis, à la longue, la bataille Assassins/Templiers commence à vraiment prendre la tête. Changez de disque !

Au final, je trouve vraiment que les moments d’immersion dans les souvenirs de l’ancêtre valent beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP plus que les moments avec Desmond. Paradoxalement, c’est le seul point où le premier jeu est meilleur que ses frères : dans le premier opus au moins, les périodes hors de l’Animus servaient à glaner des indices sur la trame de l’histoire en hackant les ordinateurs d’Abstergo. Là, c’est vraiment vide.

**Mode multijoueur : “Ubisoft aurait mieux fait de s’abstenir”

Enfin, mon plus gros coup de gueule face à ce jeu concerne le mode multijoueur. Alors là, Ubisoft aurait mieux fait de s’abstenir. Si vous pensiez vous lancer dans d’épiques batailles à plusieurs sur les toits d’une mosquée, détrompez-vous, il n’en est rien ! Vous devez suivre une cible qui elle-même en suit une autre qui elle-même en suit une autre qui elle-même etc] qui elle-même vous suit. Ce pendant toute la partie. Oui, passionnant. Il n’y a en plus pas de répartition des niveaux dans les parties, donc vous pouvez tout aussi bien tomber contre les no-lives qui auront geeké sur le multi pendant 30483739284 jours alors que vous y avez passé en tout et pour tout 3 minutes, et vous vous ferez hacher plus fin qu’un cheveu de barbe d’Ezio. Sans compter les nombreux bugs du launcher du multi qui font qu’environ 1 personne sur 5 ne peut s’y connecter sans demander de l’aide au Support. Bref, à éviter.

Notation

   

• AC : Revelations

   • Esthétique

-* Son : A. Je n’en ai pas parlé, mais la musique est vraiment excellente, elle mérite même d’être téléchargée (euh, achetée) pour une écoute hors contexte ! [Voici une chanson du 2 que l’on retrouve ici.
-* Graphismes : A. Un mot : magnifique. Encore de l’excellent boulot.
-* Ambiance : A. L’ambiance est au rendez-vous, avec des phrases en turc, des petits accents très choupi, des femmes voilées, des mosquées, et le Soleil d’Orient.


A


   • Gameplay

-* Difficulté : B. Un peu trop facile à mon goût. Peu d’adversaires tiennent plus longtemps que quelques secondes, janissaires exceptés.
-* Type de jeu et rendement : A. Assassin’s Creed Revelations reste fidèle aux éléments qui ont fait le succès de la franchise, et le gameplay est très bon.
-* Durée de vie : B+. Comme déjà dit plus haut, à moins de n’avoir comme moi pas de vie, vous finirez l’histoire et les quêtes annexes très vite et vous vous arrêterez là.

B+


   • Créativité

-* Scénario : C+. Grosse déception niveau scénario : je m’attendais à mieux sur tous les niveaux, qu’il s’agisse du scénario au niveau de Desmond, d’Ezio ou d’Altaïr.
-* Type de jeu et mécanismes : B+. A nouveau, rien à redire sur le style de jeu, à la fois fidèle au jeu d’aventure/action, mais intégrant de nouvelles fonctionnalités sur cet opus.

B

NOTE FINALE

Un excellent jeu, mais heureusement qu’il s’agit du dernier Ezio (malgré tout l’amour que je lui porte) ! Vivement le prochain Assassin’s Creed qui sera sûrement encore plus réussi.

B+