Présidentielle : La politique sur internet

Plus que deux semaines avant le premier tour de l’élection, déjà un moment de constater l’efficacité des campagnes des candidats surtout sur Internet, notre espace de prédilection. Alors, la campagne internet a-t-elle été plus efficace qu’en 2007, a-t-elle changé de forme ? Ebauches de réponses. Les candidats à la présidentielle se sont tous emparés d’internet pour faire leur campagne. Quel plus pour les électeurs ? Est-ce vraiment un procédé qui renforce le débat démocratique ?Les campagnes internet servent-elles ou desservent-elles la démocratie? Permettent-elles le débat constructif et une information la plus juste ou renforcent-elles simplement les préjugés de la population ?

 

Internet, lieu de glorification des candidats et construction identitaire.

L’enquête Digimind de Janvier 2012 nous donne quelques éléments factuels de l’état de la “popularité” des candidats sur internet.

Car c’est bien de cela dont-il s’agirait désormais. Le débat démocratique se résumerait à un nombre de “fans”, de “followers” ou de “like”. Les candidats s’étant transformé en véritables marques dont il faudrait faire la promotion. Le constat rapide que l’on peut faire sur Internet après quelques visites sur des sites de “débat” est assez désolant : les internautes se battent, s’injurient, et le point Godwin est souvent atteint après seulement quelques messages.

Twitter serait l’aboutissement ultime de cette forme de combat de l’instant, chaque évènement étant commenté à l’infini avec pour seul moyen d’argumentation 140 caractères… Le “débat” sur Twitter se résumant à faire émerger des “tendances” montrant l’accord ou le désaccord de la communauté avec l’évènement en cours.

Internet serait-il donc le lieu ou la politique revient à son état primaire, l’expression d’un combat, une guerre stylisée ?

 

De plus, l’enquête Digimind montre que le temps maximal passé sur le site d’un candidat ne dépasse pas 9 minutes dans le meilleur des cas, temps très court pour former son opinion sur les propositions d’un candidat…

Alors chacun arriverait-il donc sur internet avec ses idées toutes faîtes pour attaquer ceux qui ne sont pas d’accord avec lui et ne se connecter qu’aux sites qui partagent ses valeurs ?

On peut nuancer ce constat. En effet, pour rédiger un commentaire il faut prendre du temps, s’abonner aux plateformes en question et bien souvent de telles démarches sont seulement réalisés par les plus convaincus aux idées les plus tranchées.

 

En réalité sur internet, la majorité des gens ferment les yeux face à des opinions politiques qui leur sont contraires. Une étude américaine datant du 12 Mars 2012, et réalisée par le Pew Research Center montre que 80% des américains sont connectés à internet et 66% à un réseau social. Face à un statut Facebook d’un de leurs “amis” avec lequel ils sont en désaccord, 66% d’entre eux ferment les yeux et seulement 28% contre-attaquent (5% jugent que cela dépend des circonstances.

 

Internet, ou les nouvelles formes d’utilisation du réseau pour la campagne de 2012

En 2012, les partis politiques ne tendent plus à se substituer aux principales plateformes de réseaux sociaux mais tendent plutôt à s’en servir. Par conséquent le décalage probant entre les politiques et internet qui poussait les internautes à se moquer de cette utilisation hasardeuse ou quelque peu naïve du web par les candidats tend à se résorber. Par exemple la blogosphère n’oubliera pas de si tôt l’échec cuisant du site Ségolène Royal en 2007, “Désir d’Avenir” ou encore le discret mais non moins flagrant naufrage du réseau social de l’UMP en 2010 “Les Créateurs De Possibles”.

Non, pour cette campagne rien n’a été laissé au hasard et les partis commencent à mesurer l’importance de leur présence sur internet depuis l’éclatante campagne de Barack Obama qui continue de se servir d’internet d’une manière moderne et originale. En effet, on peut voir qu’il a été le premier à faire du site internet de la Maison Blanche un vrai média d’information où l’on peut retrouver tous les discours du président et qui prend les internautes au sérieux. Il sera imité l’année d’après par l’Elysée.

Par conséquent, les sites internet sont bien plus fouillés et non plus de simples espaces de publicité ou lieux de discorde entre les militants. Il est possible d’accéder à la majorité des programmes complets et de discours entiers pour que l’internaute puisse s’informer correctement.

Par conséquent, si les forums des réseaux sociaux et des principaux sites d’informations se transforment rapidement en champs de bataille pour savoir qui parlera le plus fort, l’expérience individuelle d’internet s’est enrichie pour l’électeur.

Il est désormais possible de se renseigner sur internet pour fonder une argumentation ou encore pour répondre à une question que l’on se posait sur tel ou tel point d’un programme, ce qui était impossible il y a encore 5 ans.

 

Les références du Web pour clarifier la campagne

Si Internet reste un lieu libre d’expression ou l’on peut raconter tout ce que l’on veut et parfois le pire, certains sur internet se sont attelés dans un esprit de synthèse à clarifier les débats et à nous permettre, à nous électeurs, de mieux comprendre cette campagne et ses enjeux. Inside Electronic Pipo vous facilite le travail et vous donne ici quelques uns des meilleurs sites pour appréhender la campagne sereinement et vous informer sur les candidats et leurs propositions.

Tout d’abord pour les mordus de sondage, la rédaction vous conseille l’excellente Infographie du Nouvel Observateur, un comparateur de sondages. Vous jugez qu’un sondage ne permet pas de donner de véritables informations sur la position d’un candidat ? Le Nouvel Observateur vous permet de mettre sur un même graphique tous les sondages faits à ce jour depuis novembre dernier. Vous pourrez ainsi comparer l’évolution des scores supposés des candidats dans le temps mais aussi entre les différents instituts de sondages. Car il est possible d’isoler la courbe d’un candidat et de l’afficher en 8 fois pour les huit instituts de sondage… Un excellent moyen de constater la dynamique de certains candidats.

Pour les indécis de l’élection, nous vous conseillons un site de notre institution, la boussole présidentielle du CEVIPOF qui ne se contentera pas de vous dire de quel candidat vous êtes le plus proche mais qui vous montrera aussi dans quel domaine politique vous vous rapprochez le plus de celui-ci. Et si vous désirez comparer les comparateurs, voilà d’autres liens de sites pour savoir pour qui voter en 2012, plus esthétiques mais moins précis… Je vote qui en 2012 et Qui voter ?.

Pour les plus écolos d’entre nous, vous pouvez vous référer au stress test écologique des candidats menés par Greenpeace qui juge les candidats en fonction de leurs réponse à des questions précises.

Et enfin pour faire à nouveau référence à l’École de Journalisme de Sciences Po., nous vous conseillons de vous rendre sur leur page d’accueil mais aussi sur leurs nombreux blogs qui sauront vous aiguiller et attirer votre attention sur les moments forts de la campagne. Voir par exemple la Revue du Web 2012 qui vous donnera encore plus de liens sur la campagne (la mise en abîme est de toute beauté), un Tumblr sur la campagne, Campagne Présidentielle (pour changer de problèmes de Sciencespiste). Mais aussi Presideo qui vous permettra de suivre la campagne uniquement par video pour ceux qui n’aiment pas trop lire!

Par soucis d’équité nous donnons ici les sites des candidats et pas ceux de leurs partis qui seraient long à énumérer pour certains ou trop nombreux et qui provoqueraient un déséquilibre trop grand entre les plus visibles sur Internet et les moins visibles:
-* Site de campagne de Nathalie Arthaud
-* Site de campagne de François Bayrou
-* Site de campagne de Jacques Cheminade
-* Site de campagne de Nicolas Dupont-Aignan
-* Site de campagne de François Hollande
-* Site de campagne d’Éva Joly
-* Site de campagne de Marine Le Pen
-* Site de campagne de Jean-Luc Mélenchon

-* Site de campagne de Philippe Poutou
-* Site de campagne de Nicolas Sarkozy

Voilà et si avec ça vous en voulez encore, rendez-vous sur Facebook (vos amis Sciences pistes postent toujours des statuts politiques) ou encore sur Twitter !