Actualité : Internet Black-Out Day

Le 18 janvier, des milliers de sites Internet ont modifié leur apparence pour protester contre les projets de loi SOPA et PIPA, qui auraient pu, s’ils avaient été votés, entrainer la fermeture de sites tels que Youtube ou Twitter. Retour sur cette journée pas comme les autres.Avant toute chose, je vous enjoins, si vous ne savez pas encore ce que sont PIPA et SOPA, d’aller lire l’article conseillé ci-dessus. Il vous donnera d’excellentes bases sur le sujet !

La communauté Internet contre la censure du Web

Ainsi donc, le Sénat et le Congrès états-uniens avaient pour projet de voter des lois qui auraient eu un impact sur les habitudes du monde entier, puisqu’elles auraient pu, si appliquées de la façon la plus stricte, entrainer la fermeture brutale de nombreux sites que nous utilisons de façon régulière. En effet, ces lois impliquaient que tout site légal pouvant éventuellement être utilisé de façon illégale par les internautes était susceptible d’être fermé. Qu’est-ce que cela signifie ? Tout simplement qu’un site tel que YouTube, sur lequel sont postées des centaines de vidéos enfreignant les lois de droits d’auteur, deviendrait illégal et serait fermé au bout de quelques temps — et ce malgré le retrait régulier des vidéos violant les droits d’auteurs par l’équipe de YouTube.

On se rend bien compte de l’injustice et l’iniquité de ces lois qui ne punissent pas la personne ayant commis le délit, mais plutôt le site web utilisé pour ce faire, alors même que celui-ci proposait de multiples garanties pour la préservation de ces si précieux droits d’auteur qui régissent désormais la création de lois[Ce que j’en pense.

Cependant, ces projets de lois ont fort heureusement trouvé de nombreux opposants. Conçus sans tierce partie (seules les grandes majors du film et de la musique avaient participé aux consultations des députés), ces projets ne pouvaient aboutir sans une solide campagne de protestation, qui fut largement menée sur Internet. En effet, les nouvelles se propagent vite online, notamment grâce à des sites tels que 9Gag, et plusieurs pages de pétitions électroniques furent créées afin de montrer l’opposition des internautes du monde entier face à un projet de loi purement états-unien qui affecterait la planète. Faisons une petite parenthèse pour méditer sur cette dernière phrase : les États-Unis sont peut-être une puissance en déclin, mais pour ce qui est de l’Internet, il y a encore une trop grande centralisation pour qu’une loi états-unienne n’affecte pas le reste du monde. Est-ce juste ? Je ne le pense pas.

La campagne d’opposition commence à prendre de plus en plus d’ampleur courant janvier, et de nombreux députés se désistent des projets. Le début d’année voit d’ailleurs aussi faillir le soutien de la Maison-Blanche : si le président Obama soutenait le projet au départ, il se rétracte face au bien-fondé des arguments sus-cités (tout en réitérant cependant son appui à la cause défendue par le Stop Online Piracy Act et le Protect IP Act).

Enfin, l’opposition aux deux projets atteint son paroxysme le 18 janvier 2012, lorsque plus de 7 000 sites webs du monde entier se sont auto-censurés pour montrer l’effet que pourraient avoir SOPA et PIPA. Parmi eux, Wikipédia, dont la bannière noire a été visionnée par plus de 160 millions de personnes, et Google, dont la pétition en ligne a recueilli plus de 7 millions de votes.

Deux jours plus tard, les députés en charge des projets annoncent leur suspens et l’intégration de spécialistes de l’Internet dans les comités de négociations.

Que conclure de cette histoire ?

Cet épisode de synchronisation mondiale a mis en exergue plusieurs facteurs qui avaient été oubliés dans l’équation de la création d’une loi affectant la liberté sur Internet : les grandes majors ne sont pas les seules à devoir être prises en compte ! L’existence d’une « communauté Internet » internationale, multiculturelle et soudée a été prouvée, les signatures des pétitions électroniques affluant des quatre coins du monde. Le Député Lamar Smith, en charge du projet PIPA, a ainsi avoué « qu’il est clair qu’combattre.

Et maintenant, les images de cette journée du 18 janvier, désormais connue sous le nom d' »Internet Black-Out » :